PASEC 2024 : la Côte d’Ivoire améliore les performances de ses élèves en lecture

Les résultats du PASEC 2024 révèlent une progression des compétences en lecture des élèves ivoiriens. Au CP2, la proportion d’élèves atteignant le seuil suffisant est passée de 33 % en 2019 à 47 % en 2024
Les résultats du Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la CONFEMEN (PASEC 2024) apportent une note d’espoir au système éducatif ivoirien. Publiées le 22 octobre 2026 à Dakar, les données révèlent une progression des compétences des élèves en lecture, notamment au cours préparatoire deuxième année (CP2) et au cours moyen deuxième année (CM2).
Cette évolution intervient après les difficultés relevées lors des évaluations de 2014 et de 2019. Elle s’inscrit dans un contexte de réformes engagées par le ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique (MENAET), à la suite des États généraux de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation (EGENA) de 2022.
Les chiffres du PASEC 2024 montrent une amélioration des acquis scolaires en Côte d’Ivoire. Au CP2, la proportion d’élèves atteignant le seuil suffisant de compétences en lecture est passée de 33 % en 2019 à 47 % en 2024. Cette évolution représente un gain de 14 points de pourcentage en cinq ans.
Au CM2, la tendance est également positive. Le taux d’élèves atteignant le niveau de compétence attendu en lecture est passé de 40,4 % en 2019 à 46 % en 2024.
Derrière ces pourcentages, c’est la capacité des enfants à lire et à comprendre les textes qui se trouve au cœur des préoccupations. La maîtrise de la lecture constitue en effet une base essentielle pour réussir dans les autres disciplines et poursuivre son parcours scolaire dans de bonnes conditions.
Ces résultats restent toutefois à consolider. Au CP2 comme au CM2, une part importante des élèves n’atteint pas encore le seuil de compétence retenu. L’enjeu consiste donc à poursuivre les efforts pour que les progrès constatés bénéficient au plus grand nombre.
L’évaluation s’intéresse également aux compétences des enseignants, dont le rôle est déterminant dans la qualité des apprentissages.
Selon les chiffres communiqués, 72 % des enseignants ivoiriens atteignent le seuil retenu en compréhension de l’écrit, contre une moyenne régionale de 43 %. En mathématiques, cette proportion s’établit à 28 % en Côte d’Ivoire, contre 21 % pour la moyenne régionale.
Ces résultats placent les compétences des enseignants au centre des réflexions sur l’amélioration de l’école. Pour accompagner efficacement les élèves, les personnels éducatifs doivent pouvoir s’appuyer sur une maîtrise solide des contenus enseignés et sur des méthodes pédagogiques adaptées.
Les performances en mathématiques montrent néanmoins qu’une marge de progression demeure. Le renforcement de la formation initiale et continue des enseignants apparaît ainsi comme un levier important pour améliorer durablement les résultats scolaires.
La progression relevée par le PASEC 2024 intervient après les recommandations formulées lors des États généraux de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation en 2022.
Parmi les mesures mises en avant figurent le retour à la dictée classique pour renforcer l’orthographe et la grammaire, l’augmentation du volume horaire annuel d’enseignement et le rétablissement des coefficients différenciés dans le premier cycle du secondaire.
L’objectif est de redonner une place centrale aux apprentissages fondamentaux et de renforcer les exigences scolaires. La lecture, l’écriture et le calcul constituent des compétences indispensables à la réussite des élèves, mais aussi à leur autonomie dans la vie quotidienne.
Les résultats publiés constituent un indicateur encourageant de l’évolution du système éducatif ivoirien. Ils ne suffisent cependant pas à établir que les réformes engagées sont, à elles seules, à l’origine des progrès observés. Une analyse approfondie des différents facteurs, notamment les pratiques pédagogiques et les conditions d’apprentissage, reste nécessaire.
Malgré les avancées enregistrées, la Côte d’Ivoire doit encore relever plusieurs défis. Le nombre d’élèves qui ne maîtrisent pas suffisamment la lecture demeure important, tandis que les compétences en mathématiques nécessitent une attention particulière.
